Un aspect important des programmes alimentaires est le sentiment de soutien social et l’esprit de camaraderie au sein de la communauté scolaire. Les programmes de dîners et de déjeuners offrent des occasions de rassemblement propices au développement d’un sentiment d’appartenance. Celui-ci profite directement au milieu d’apprentissage (Healthy Schools BC, 2014).

Certes, les mesures de distanciation physique adoptées cette année protègent les élèves et le personnel, mais elles posent également un défi pour les liens dans la communauté scolaire. En effet, comment rassembler les élèves en leur demandant de garder leurs distances?

De nombreux clubs partout au Canada cherchent des façons de renforcer l’esprit de camaraderie dans les écoles tout en se conformant aux nouvelles restrictions. Le programme de collations des écoles de Grande Prairie bénéficie d’une grande cuisine centralisée pour servir plus de 100 000 repas par année dans son réseau de 12 écoles. Avant, les petits déjeuners étaient livrés une fois par semaine dans les réfrigérateurs communautaires de chaque école. Les élèves se servaient eux-mêmes, à volonté. Dans la situation actuelle, les réfrigérateurs ont vite été considérés comme un point de contact dangereux. C’est à ce moment que les écoles ont adopté un système sur demande, au secrétariat.  Le personnel s’est toutefois rapidement rendu compte que les élèves étaient moins à l’aise de déjeuner à l’école en mode sur demande. Pour les responsables, cette nouvelle réticence et la réduction de la fréquentation traduisaient chez les enfants la stigmatisation associée à la faim.

 

« Quand on a instauré le système sur demande, des élèves ont eu l’impression de subir une certaine stigmatisation. »

— Kari Pritchard, directrice générale, Fondation Grande Prairie & District Catholic Schools Education

 

Quand on a constaté que le nouveau modèle avait une incidence négative sur la communauté scolaire, le programme de collations a pris des mesures pour réduire la stigmatisation vécue par les élèves et a modifié son modèle de distribution. Ils ont donc contourné le problème en créant un nouveau menu adapté à la livraison hebdomadaire de bacs en classe. Les bacs comportent une variété d’aliments nourrissants qui se conservent au moins une semaine à température ambiante. Le menu comprend des produits de boulangerie comme des muffins, des biscuits à l’avoine et aux canneberges et des petits pains au fromage, des collations saines comme le « mélange des petits monstres », et des fruits frais comme des oranges et des raisins. En apportant les aliments en classe et en les intégrant à la routine quotidienne, le programme a normalisé le fait de déjeuner à l’école. Depuis, plus d’élèves se sentent à l’aise de demander des portions supplémentaires au secrétariat et la participation au programme de petits déjeuners est mieux acceptée.

 

« Avec les bacs en classe, j’ai eu l’impression que les élèves étaient aussi plus à l’aise d’aller chercher de la nourriture au secrétariat. »

— Kari Pritchard, directrice générale, Fondation Grande Prairie & District Catholic Schools Education

 

Il existe de nombreuses façons de mobiliser et de rapprocher les membres d’une communauté scolaire. Il ne faut pas l’oublier : chaque programme de petits déjeuners est unique et aucun modèle ne convient à tous. Heureusement, les communautés scolaires ont relevé les défis posés par la distanciation physique en proposant des solutions créatives et innovantes qui contribuent au succès de leur programme respectif!

 

Références

Healthy Schools BC. (2014). School Connectedness What does the evidence say? Retrieved from www.healthyschoolsbc.ca/schoolconnectedness.

Activating Change Together for Community Food Security. (2014). Making Food Matter: Strategies for Activating Change Together. Halifax (Nouvelle-Écosse) : Food Action Research Centre (FoodARC), Université Mount Saint Vincent.

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